Big O ! Showtime !

Pour faire comme tout le monde, un article sur Big O.

Pour faire une série de qualité, il faut un univers original et une bonne ambiance. Bon, je sais bien que cela ne fait pas tout, et je connais des paquets d’animes et de manga ultra-basiques mais ultra-sympa, et au moins autant de bouses super-typées (Gad Guard en tête).
Seulement, en voyant Big O, je me dis que cela aide bien quand même.

Il y a 40 ans, une terrible catastrophe provoqua la disparition des souvenirs du passé ; hommes et androïdes perdirent la mémoire.
L’humanité se reconstruit sous les dômes de Paradigm City, et les jours difficiles semblent bien loin. Mais malgré le temps qui passe, il arrive que des gens retrouvent des fragments de leur mémoire.

Roger Smith est connu comme le meilleur négociateur de Paradigm City ; ce que ses concitoyens ignorent, c’est qu’il pilote aussi Big O, le Megadeus noir qui apparaît quand la ville court un grave danger.
Dans le cadre de son travail officiel, il est chargé de traiter avec les kidnappeurs de Dorothy, la fille d’un riche industriel. Mais celle qu’il récupère contre la rançon s’avère être un androïde.

Un exercice amusant consiste à comparer un anime avec d’autres. Alors je dirais que Big O se situe à mi-chemin entre Giant Robo pour les robots et le côté steam-punk, et Cowboy Bebop pour l’aspect rétro et la musique jazzy ; avec un peu de Batman The Animated Serie pour l’ambiance et le design, et même une touche de Lupin III pour les personnages de Beck et Angel. De sacrés références, vous ne trouvez pas ? Je n’irais pas jusqu’à dire que Big O est aussi génial que les séries susnommées, mais il n’en est pas loin. Pas loin du tout.

Avec ces références, vous devriez avoir une bonne idée de l’univers de la série ; elle semble se passer dans le futur comme en témoignent certains aspects de la technologie, mais la perte des informations sur ces technologies empêche leur reproduction et leur réparation, et tout dans Paradigm City donne l’impression de tomber en ruine. Big O est ainsi un anime qui joue beaucoup sur la dualité : haute technologie et conditions de vie parfois primaires, modernité et aspect année 30, le tout trouvant une explication dans le scénario lui-même.

Mais Big O ne se limite pas à un excellent background.
De la même façon, cet anime de robot ne se limite pas à ses robots. Même si la trame narrative de la plupart des épisodes se ressemble – cela se termine par l’arrivée de Big O et un combat – les scénarii, axés avant tout sur les enquêtes de Roger Smith, arrivent à insuffler suffisamment d’originalité à l’ensemble, permettant ainsi de ne pas lasser le spectateur au fur et à mesure que la série avance.
Ainsi, Big O fait partie de ces rares représentants du genre «robotto» qui peuvent tout à fait plaire au public qui, d’ordinaire, n’apprécie pas particulièrement les robots géants.

Un autre point que j’ai perçu comme un atout, ce sont les personnages. Les principaux possèdent un style propre les rendant plus marquants que la moyenne.
Notre héros, Roger Smith, dégage une certaine classe grâce à sa maîtrise et son professionnalisme ; costard impeccable, lunettes de soleil, voiture américaine (et bourrée de gadget), robot géant obéissant à tous ses ordres, et une nette préférence pour la couleur noire : oui, c’est un poseur, il se la joue, et ça marche. Mais en dehors de son travail, il apparaît plutôt laxiste, et ses joutes avec Dorothy – lorsque celle-ci décide de le réveiller – sont assez croustillantes.

R. Dorothy Wayneright, l’androïde qui partage le quotidien de Roger, est une coodere (j’ai appris un nouveau mot) dans toute sa splendeur. Froide et distante en apparence, elle sait manier une certaine répartie – en particulier face à Roger – et a cette mauvaise habitude de n’en faire qu’à sa tête ; rajoutez à cela des aptitudes physiques hors du commun et le duo parfois comique qu’elle forme avec Roger, et vous comprendrez pourquoi j’adore ce personnage.

Pour le materner et lui cuisiner de bons petits plats, notre négociateur peut compter sur Norman Burg, un majordome borgne dans la plus grande tradition des Alfred et consort. Un homme dévoué qui n’a pas l’air bien dangereux au premier abord, mais qui joue aussi les réparateurs de choc pour Big O, et qui n’hésite pas à sortir un bazooka pour défendre sa demeure, ou encore à foncer en moto porter secours à son patron ; cela sans jamais perdre sa nonchalance et son flegme, du grand art.

Le quatuor de personnages principaux s’achève avec Dan Dastun, officier supérieur de la Police Militaire et ancien camarade de Roger, avant qu’il ne démissionne. Bien qu’il sache que la police est corrompue et sous la coupe totale de Paradigm, la société qui contrôle la ville, cela ne l’empêche pas de garder foi en son métier, et en sa mission de protéger la population. Sa dévotion force le respect, son style n’est pas sans rappeler Jet Black de Cowboy Bebop, bref c’est un mec sur lequel on peut compter.

A ces quatre-là, j’en rajouterai deux autres, ceux que je trouve « Lupinesque ».
Véritable Mine Fujiko en puissance, Angel aborde différents noms pour remplir une mission dont elle-seule à connaissance. Tantôt alliée ou adversaire de Roger, elle n’hésitera pas à le trahir pour atteindre son but. Elle dégage du charme et de la classe, mais mieux vaut s’en méfier.

Enfin, Beck est un peu le méchant récurrent de la série, même si ses apparitions font surtout office de running-gag. Ce voleur aux allures de dandy loufoque est l’opposé parfait de Roger, même si nous ne pouvons lui enlever le talent qui est le sien. Le personnage est doublé par Houchu Ohtsuka, un de mes comédiens de doublage préférés, et sa voix lui va comme un gant, c’est un régal.

Big O possède d’autres qualités, mais j’ai cité les principales. Car cet anime se démarque aussi par son histoire de fond – puisque un des enjeux sera de savoir ce qui a pu se passer il y a 40 ans pour que tout le monde perdent la mémoire – et par un mecha design original.
En tout cas, il a de nombreuses qualités, ou du moins je lui ai trouvé de nombreuses qualités, et j’ai donc pris grand plaisir à le suivre tout au long de ses 26 épisodes. Il y a là ce qu’il faut d’action, de mystères, et d’originalité pour, je crois, captiver le spectateur.
La meilleure série que j’aurais vu en ce mois de Janvier, une excellente surprise.

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Un commentaire pour Big O ! Showtime !

  1. a-yin dit :

    Cette série, j’ai trop envie de la revoir. J’ai peu l’habitude d’acheter des DVD car j’ai déjà tellement de mal avec mes manga… Mais si il y a bien une série que j’ai eu envie d’acheter, ce fut celle-là, après avoir vu les 13 premiers épisodes, soit la première saison. Et manque de pot, il n’y a jamais eu de coffret pour cette série en France. J’aime tout dans cette série: l’ambiance, l’univers rétro, le côté Batman, les personnages mais surtout la nostalgie qui s’en dégage, le côté policier, et les musiques de jazz. Mon dieu quel bonheur… J’ai vu cette série en 2010 et je suis sûre de la revoir sous peu, quand le temps me le permettra. Pour moi, ce fut une série importante aux côtés de Cowboy Bebop, Lain, Escaflowne pour reprendre des séries de la même époque (bien que la deuxième partie soit sortie plus tard). Elle mérite évidemment plus de reconnaissance :).

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