20th Century Boys – Premier Film

J’habite une grande ville ; alors le plus souvent, quand un “petit” film asiatique sort en France, j’ai toutes les chances de trouver une salle à proximité de chez moi pour le voir. Le plus souvent… Donc quand j’ai vu qu’aucun cinéma local ne passait 20th Century Boys, je l’avais plutôt mauvaise.
Fort heureusement, le problème a été résolu par l’association Asiexpo – je la remercie au passage – et je rentre de la première projection lyonnaise.
Critique du long-métrage par quelqu’un qui a lu et apprécié le manga.

L’histoire en quelques mots, je fais court : enfants, Kenji et ses amis ont écrit un scénario de fin du monde, et une fois adultes, ils s’aperçoivent que le chef spirituel d’une secte essaye de mettre en application ce scénario.
J’en dis le minimum pour garder le suspens.
Le premier film commence essentiellement par une présentation des personnages dans les années 90 et dans les années 60, avec le début de l’histoire de fond, puis tout s’emballe.

Verdict : ce film est réussi. Enfin, je l’ai trouvé réussi, à ne pas confondre. Je me demande si le fait que, justement, je connaisse bien l’œuvre originale m’avantage par rapport à quelqu’un qui ne l’a pas lu, et donc n’a pas de repaires pour s’y retrouver entre les nombreux allers-retours chronologiques qui font la particularité narrative de 20th Century Boys. Mon voisin au cinéma m’a avoué avoir été un peu perdu à certains moments, et il n’a lu que le premier tome…

Avant de passer aux critiques du scénario proprement dit – il sera bourré de “spoils”, donc je préfère le garder pour la dernière partie de l’article – quelques mots sur les acteurs.
Ils sont Japonais, donc ils surjouent ; mais pour des Japonais, ils ne surjouent pas trop. Il n’empêche qu’à des moments, les spectateurs se sont mis à rire du jeu des acteurs, alors qu’il n’y avait rien de drôle. Cela a beaucoup surpris (choqué ?) une véritable Japonaise de passage dans la salle de cinéma qui, pendant la discussion d’après projection (j’y reviendrai), a évoqué là une différence de culture entre la France et le Japon ; car pour elle, leur jeu n’avait rien que de très normal, et rien de particulièrement comique.
Malgré mes réactions spontanées face à certaines mimiques exagérées, j’ai quand même trouvé ce film nettement mieux interprété que nombre d’autres productions nippones.

Ce qui m’a le plus surpris, et là je tire mon chapeau à l’équipe, c’est la ressemblance entre les acteurs et les personnages du manga. Sans même dire leur nom, ils m’ont paru tous reconnaissables, gamins inclus ; tu vois Otcho enfant, tu sais que c’est Otcho. Le trailer du deuxième film, inséré après le générique de fin, montre aussi un impressionnant travail sur le maquillage pour vieillir les acteurs et changer d’époque. Il y a sans doute eu un budget cosmétique plus important que celui des effets spéciaux, parce que là… Ben c’est raté, comme d’habitude pour un film japonais.

L’avantage d’avoir assisté à une projection un peu “hors norme”, organisée par une association, c’est qu’il y a eu une discussion sur le film après coup, dans la salle. Il a été amusant de constater que les spectateurs n’ayant pas lu le manga étaient aussi nombreux que ceux le connaissant ; pour le reste, les réactions m’ont semblé avant tout positives, même si – et c’est bien normal – et certains n’ont pas aimé. Beaucoup ont reproché des longueurs, personnellement non ; le rythme m’a semblé correct. Par contre, au final, c’est quand même long.
Je recommande ce film, si vous avez une salle à proximité qui le diffuse ; sur Lyon, il va rester à l’affiche les prochaines semaines, donc je conseille aux autochtones d’en profiter.

Venons-en à mes critiques de lecteur de manga pointilleux et exigeant, avis de “spoil” dans les lignes suivantes.
L’équipe de ce film a voulu trouver un compromis entre une adaptation plan-plan du manga, et une volonté de ne pas perdre le néophyte dans des allers-retours incessants entre les époques ; ceux-ci restent nombreux, mais beaucoup moins que dans le manga.
Comme pour La Mélancolie de Haruhi Suzumiya, le changement constant de chronologie permet de maintenir le suspens sur les événements clés de chaque période, mais celui-ci se trouve parfois un peu gâché dans le film. La compréhension du spectateur devient prioritaire face au maintien du suspens le plus longtemps possible.
Déjà, commencer par une scène de prison en 2015 m’apparaît comme un choix discutable, car cela suggère que l’histoire entamée dans les années 90 ne se termine pas de manière très positive pour nos héros…
L’absence totale du professeur Shikishima – bien qu’il soit cité et son rôle bien défini – est dommageable car nous n’apprenons rien sur le robot ; il n’est même pas fait mention de son logo nucléaire dissuadant les autorités de s’en charger, ni de son époque de création l’obligeant à être télécommandé. Il y aurait beaucoup à dire sur le robot ; je pourrais écrire un article entier sur le sujet ^^’ Nous lirions le manga, nous pourrions nous dire que nous allons revenir sur ce passage plus tard, mais la structure du scénario dans la version cinématographique semble clairement indiquer que non.
Je crois que c’est tout le passage de la “Bloody Eve” qui aurait dû être supprimé – ou du moins être gardé pour plus tard -, car là, certains éléments restent sans réponse, comme pourquoi Ami débarque-t-il sur une reproduction de la Tour du Soleil à la fin du film. Dans le manga, au moment où nous voyons pour la première fois ce passage, nous connaissons déjà la fascination du personnage pour l’Exposition Universelle d’Osaka, donc cela ne surprend pas le lecteur qu’il ait choisi cette représentation plus qu’une autre ; tandis que là, c’est totalement WTF.
Il y a encore quelques autres détails à déplorer, comme la quasi-transparence de Fukube – ses moments dédiés dans les années 90 ont été zappés – mais ils seraient trop longs à énumérer.

J’aurais été le réalisateur, j’aurais terminé le premier film sur la prise de la photo du groupe face au robot, et aurais commencé le second en 2015 ou juste après la “Bloody Eve”, comme dans le manga, pour laisser tout le suspens sur le déroulement.

Quoi qu’il en soit, voir 20th Century Boys au cinéma m’aura donné envie de relire le manga, et apparemment à d’autres spectateurs de découvrir la version papier. Donc je dirais que ce film a atteint ses objectifs. J’espère que la suite sortira aussi en France, mais cela dépend des entrées du premier, donc allez le voir !

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