L’incarnation ultime de la CLASSE absolue en un anime

La CLASSE, c’est quoi ?
La CLASSE, ce sont plusieurs tonnes d’acier en forme de poing qui fracassent un train en marche. La CLASSE, c’est un surhomme en costard-cravate qui combat un moine taoiste du XIIème siècle. La CLASSE, ce sont un orchestre philharmonique et un look rétro mis à disposition de la plus parfaite des techniques d’animation sur cellulo. En gros, la CLASSE, c’est Giant Robo !

Giant Robo, à l’origine, est un manga de Mitsuteru Yokoyama, un des grands mangaka du XXème Siècle, injustement inconnu en France alors qu’il a tout simplement inventé les robots géants avec Tetsujin 28, et apporté leurs lettres de noblesse aux Magical Girls avec Sally la Petite Sorcière. Mais sa carrière ne se limite pas à ces deux œuvres majeures, puisqu’il a aussi transposé sur le papier les classiques de la littérature chinoise, dont un Sangokushi de près de 80 volumes !

Cette série d’OAV sous-titrée Chikyū ga Seishisuru Hi (Le Jour où la Terre s’arrêta) n’est pas à proprement parler une adaptation stricte du manga Giant Robo, mais un hommage à cet auteur d’exception qui reprend non seulement les bases de Giant Robo, mais aussi des personnages de nombreuses séries de Yokoyama, parmi lesquelles Babel II, Akakage, Suiko-den (Au Bord de l’Eau), ou encore Sangokushi (Les Trois Royaumes). Alors, évidemment, cela fait un peu anachronique de voir évoluer côte à côte des guerriers chinois du premier millénaire et des robots géants, mais l’ensemble crée une ambiance, un univers, particuliers mais certainement pas désagréables.

L’histoire en quelques mots.
Une équipe de scientifiques conduits par le professeur Shizuma a réussi à mettre au point une source d’énergie non polluante et recyclable à l’infini : le Shizuma Drive.
Dix ans plus tard, le Shizuma Drive est partout, de la centrale électrique au simple briquet. Mais une organisation terroriste connue sous le nom de Big Fire a décidé de perturber la paix batie sur la révolution énergétique, dans le but de prendre le contrôle de la Terre.
Pour combattre Big Fire, les autorités ont mis en place une force de police spéciale, les Experts de la Justice, formée d’éléments d’exception et pouvant compter sur Giant Robo, le plus puissant robot au monde, et sur le garçon auquel il obéit : Kusama Daisaku.
Le scénario commence vraiment lorsque le professeur Shizuma est pris en chasse par des hommes de Big Fire ; ceux-ci cherchent à récupérer l’attaché-case qu’il transporte, et qui contient un Shizuma Drive spécial capable de recréer la tragédie de Bashtarlle, un événement effacé des livres d’histoire car montrant la face cachée et destructrice de cette énergie supposée parfaite.

A n’en pas douter, cette série d’OAV est un des chantiers les plus ambitieux de l’animation japonaise des années 90, voire le plus ambitieux avec GinEiDen. Ce serait même un chantier pharaonique.
Imaginez un peu : entre le début de la production de cet anime en 1990 et la sortie du dernier OAV, il aura fallu 8 ans ! Pour 7 OAV d’une quarantaine de minutes chacun, 8 années de travail auront été nécessaires !
Vous pouvez vous dire que l’équipe en charge de Giant Robo s’est tourné les pouces ; et en effet, le réalisateur a quand même travaillé entretemps sur Mobile Fighter G Gundam, un modèle d’exagération épique et de magnifique n’importe quoi.
Mais si cela a pris tant de temps, c’est avant tout car cette équipe a voulu apporter un soin extrême à son œuvre : chaque scène semble avoir été travaillée avec précision, chaque plan choisi avec attention, chaque musique placée délicatement au bon endroit ; la qualité de la réalisation est digne d’un film, et je dirais même d’un film exceptionnel. Le choix de conserver le graphisme d’origine de 1967 peut sembler fou tant il paraît rétro, mais le résultat est là : cela apporte un cachet non négligeable à l’ensemble, et une identité forte à la série.

Au-delà de l’aspect purement technique, Giant Robo a de nombreux autres atouts dans sa manche.
Bon alors déjà, le scénario. Nous découvrons deux histoires : la lutte entre Big Fire et les Experts de la Justice, avec les comptes personnels que chacun a à régler avec l’autre, et les secrets entourant le Shizuma Drive et ses créateurs. Si l’affrontement est classique – ce qui ne veut pas dire qu’il est mauvais – tout ce qui tourne autour du Shizuma Drive va apporter des passages tragiques et des concepts vraiment intéressants ; la vie de Franken von Vogler, dont la vérité nous apparaît progressivement au fil des OAV, a de quoi bouleverser le cœur le plus endurci.

Le scénario, dans son développement, est presque parfait. Oui, “presque” car j’ai vu une grosse incohérence ; qui ne semble pas avoir été notée par beaucoup, donc c’est bon, je ne vous dis rien, et avec un peu de chance, cela ne vous perturbera pas. Pour ma part, je suis à la recherche constante du “scénario ultime” pour une série à l’histoire non-linéaire, et obsédé par le moindre détail en la matière ; mais je suis un cas à part. Si je vous dis que le scénario est déjà presque parfait, c’est quand même un compliment. Et puis, pour contre-balancer ce problème, il y a une idée géniale : le “happy end” qui rend la série encore plus tragique qu’elle ne l’est déjà ; très bien trouvé, j’adhère complètement.

Autres atouts : les robots et les personnages.
Les robots – télécommandés, il a fallu attendre Go Nagai et son Mazinger Z pour que des pilotes rentrent dedans – ont un mecha design soigné, un peu décalé pour certains ; c’est d’ailleurs dommage ne pas plus les voir dans ces OAV, mais les quelques passages avec plusieurs d’entre eux à l’écran sont de vrais perles. Giant Robo – puisque c’est surtout de lui que nous voyons à l’écran – allie un style “rivets apparents” très typé première révolution industrielle, un regard mort, une coiffe égyptienne (quand je vous dis que le chantier fût pharaonique), des membres épais, et deux couleurs dominantes – rouge et bleu-gris – pour un résultat simple mais efficace ; il dégage une forte impression de solidité et de puissance par sa seule apparence, ainsi qu’un léger côté steam-punk et une véritable classe.

En parlant de classe, les personnages en ont à revendre. Ils ont (pour la plupart) du charisme, de la puissance, des styles très marqués et donc marquants – cela va du guerrier chinois de Suiko-den au dandy, en passant par le samourai -, et une attitude qui impose le respect. Les membres de Big Fire et des Experts possèdent presque tous des super-pouvoirs, de genres très variés. D’où viennent-ils ? Aucune idée, et aucune importance : dans le monde de Giant Robo, cela ne surprend personne, c’est normal, donc nul ne s’attarde dessus ; c’est comme ça, et pas autrement. Et c’est tant mieux, parce que les pouvoirs + les personnages classes + la réalisation + la qualité technique, cela donne des affrontements hors du commun et magnifiques. Vous prenez le dernier combat entre des samourais et des guerriers chinois, cela paraît surréaliste pour une série de science-fiction, mais à regarder le résultat est fabuleux.
C’est vraiment dans ces moments-là que nous comprenons toute l’importance d’avoir de bons personnages : un Chujo le Silencieux tellement puissant qu’il n’intervient qu’en dernier recours, un Fitzgerald le Fabuleux capable de couper ses adversaires en deux par un simple claquement de doigts, un Murasame l’Immortel près à recevoir toute la haine de Daisaku si cela peut lui permettre d’avancer, nous avons vraiment une des collections de protagonistes les plus exceptionnelles de l’animation japonaise ; même leurs noms ont la classe !

Je crois que j’ai fait le tour, même si un bouquin ne suffirait pour exprimer toute la PASSION qui m’anime en repensant aux excellents moments que je viens de passer devant cette série exceptionnelle, qui doit être celle que j’aurais le plus apprécié cette année, avec Nodame Cantabile et Adieu Galaxy Express 999. Vous avez là réunis des méchas surpuissants, un super scénario, des personnages stylés représentants l’idée que je me fais de la classe, un graphisme génial, une qualité technique du tonnerre, une réalisation exemplaire, une musique sublime, et je commence à être à court de superlatifs !
Après, ce ne sera plus qu’une question de goûts. Les miens ont été comblés.

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3 commentaires pour L’incarnation ultime de la CLASSE absolue en un anime

  1. Guilhem dit :

    Une OAV d’exception, oui, c’est le moins qu’on puisse dire ; à noter que cette édition de Dybex, en plus d’être remastérisée, propose une retraduction complète des sous-titres, ce qui rend le résultat beaucoup plus cohérent que dans l’ancienne version éditée chez Manga il y a une quinzaine d’années

    Je profite du message pour te poser une question : j’ai entendu dire que l’histoire de cette OAV était basée sur une idée de Tezuka mais je n’ai pu trouver aucune source officielle à ce sujet. Tu aurais des info là-dessus peut-être ?

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  2. Gemini dit :

    Je n’en ai jamais entendu parler :/

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  3. Ping : Giant Robo, géant, et beau | Les chroniques d'un newbie

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