Adieu, Galaxy Express 999

Gamin, j’avais été marqué par un personnage sublime aux membres fins, aux longs cheveux blonds, aux yeux magnifiques, et portant un habit de deuil : Maetel, héroïne de Galaxy Express 999.
Aujourd’hui encore, je la considère comme la plus belle femme de l’animation japonaise et des manga. Mais – et c’est heureux – Galaxy Express 999 ne se limite pas à un personnage.

En 1977, Leiji Matsumoto crée Ginga Tetsudo 999Galaxy Express 999 en France – un de ses manga les plus populaires.
Dès 1978 et jusqu’en 1981, Galaxy Express 999 va être adapté en un anime de 113 épisodes. Anime qui, en France, ne dépassera pas le 39ème ; et encore, sur les 39 premiers épisodes, certains ne furent jamais doublés et diffusés.
Galaxy Express passe ensuite sur grand écran, et devient le plus gros succès box-office au Japon en 1979. Le film Adieu, Galaxy Express 999, sorti en 1981 dans les salles obscures nippones, lui fait suite.
Maetel et le Galaxy Express deviendront plus tard le point de départ de nombreuses autres séries, telles que Maetel Legend ou Space Symphony Poem Maetel, ainsi que des éléments récurrents du Leijiverse, mais c’est une autre histoire.

Le manga s’arrête en 1981, après 14 volumes et une fin très ouverte. Mais en 1996, le mangaka décide d’ajouter une nouvelle histoire de 7 volumes. Personnellement, je considère cette “seconde série” superflue voire mauvaise ; s’il devait y avoir une fin à Galaxy Express 999, ce serait ce film au titre évocateur : Adieu, Galaxy Expres 999.

Ce film ne pouvant être visionné sans une connaissance minimum de la série – il faut avoir vu l’anime ou le premier film, ou avoir lu les 14 premiers tomes du manga – je vous en propose un résumé (risque de spoil) :
Pour acquérir la vie éternelle, les hommes ont abandonné leur enveloppe de chair et leur humanité au profit de corps mécaniques. Tetsuro Hoshino et sa mère vivent sur Terre, mais n’ont pas les moyens de s’offrir une mécanisation ; leur rêve est de prendre le Galaxy Express 999, le train de l’espace, pour aller sur la planète où les corps mécaniques sont gratuits. Hélas, un billet pour ce train coûte déjà bien plus que ce qu’ils peuvent payer.
Un soir, la mère de Tetsuro se fait tuer par le Comte Mécanique, alors que celui-ci s’adonne à une chasse à l’humain. Avant de mourir, elle fait promettre à son fils de trouver un moyen pour monter à bord du Galaxy Express 999.
La providence se présente au jeune garçon sous les traits de Maetel (*bave*), qui lui offre un billet de train à une condition : qu’elle puisse l’accompagner dans son voyage. Et c’est ainsi que Tetsuro et l’énigmatique Maetel embarquent à bord du Galaxy Express 999.

L’essentiel de la série est consacré aux escales que feront nos deux héros, sur les planètes qui jalonnent leur périple. Chaque arrêt sera pour Tetsuro l’occasion de nouvelles expériences, qui le feront mûrir et réfléchir.
Ce n’est que sur la fin que l’histoire de fond reprend ses droits, avec l’arrivée sur la planète où les corps mécaniques seraient gratuits. Et c’est là que Tetsuro comprend qu’il s’est fait manipulé par Maetel depuis le début : son rôle est de trouver de jeunes gens courageux qui serviront de “vis humaines” pour la consolidation de la planète dirigée par sa mère, la reine La Andromeda Promethium. Mais pour Tetsuro, Maetel décide de se rebeller.
Tetsuro s’enfuit à bord du 999, observant la planète-mère de l’Empire des Machines exploser.

Adieu, Galaxy Express 999 se passe quelques temps après ces événements ; nous ne savons pas exactement combien, mais Tetsuro est encore un jeune homme.
La Terre est devenue un immense champ de bataille, où les hommes qui refusent la mécanisation luttent contre l’Empire des Machines. Parmi eux Tetsuro. Un jour, il reçoit un message de Maetel l’appelant à monter à bord du Galaxy Express 999. Grâce au sacrifice de ses compagnons d’arme, il arrive à accèder au train alors que celui-ci fait escale sur Terre. Et le voyage de Tetsuro peut reprendre, cette fois pour une destination inconnue.

Ce film reprend quelques-uns des thèmes les plus marquants de la saga Galaxy Express, à savoir la lutte entre les humains et les humanoïdes, le prix de son humanité au profit de l’immortalité, le passage à l’âge adulte, et l’importance de la vie, fût-elle éphémère.
Aux commandes, nous retrouvons Rintaro, sans doute le réalisateur le plus habitué aux œuvres de Leiji Matsumoto, puisqu’il avait – à l’époque – déjà réalisé Albator 78 et le premier film Galaxy Express 999 ; et pour la petite histoire, sa collaboration avec le célèbre mangaka ne s’est pas arrêtée là.
L’autre grand homme de ce film est Takamura Mukuo, directeur artistique et créateur des arrières-plans. Son nom ne vous dit peut-être rien, mais dans son domaine, c’est une légende ; il a aussi travaillé entre autre sur Albator 78, le premier film Galaxy Express, Heidi (avec ses superbes aquarelles des Alpes), ou encore Sailor Moon. Et là encore, la qualité de son travail se ressent.

Enfin tout ça, ce ne sont jamais que des noms, et cela ne dit rien sur la qualité profonde de ce titre, au-delà de sa qualité technique qui reste très bonne malgré son âge.
En un mot, cet anime est BEAU ! Sa beauté venant à la fois de ses visuels et de sa capacité à toucher le spectateur par des scènes poignantes et dramatiques.
Tout commence par la vision d’une Terre apocalyptique : les gratte-ciels ne sont plus que des vestiges de la civilisation humaine, le feu semble pleuvoir, les tirs de laser sont omniprésents. Dans ce contexte, nous découvrons des hommes, misérables et diminués, tentant vainement de se reposer avant que les Humanoïdes ne reviennent. Lorsqu’ils arrivent, leurs tirs ôtent la vie de plusieurs valeureux “rebelles” qui avaient réussi à survivre jusque-là. Contre-attaque, l’hécatombe dans les deux camps, une journée comme toutes les autres. Dès le départ, nous ne pouvons pas dire que ce film fasse dans la dentelle, ou épargne au spectateur la vue de morts sanglantes. Et quand nous commençons à en apprendre plus sur les compagnons de Tetsuro dans cet enfer, quand nous commençons à les apprécier, ce n’est que pour mieux les sacrifier lors d’une attaque suicide qui n’a qu’un seul but : permettre à Tetsuro de rejoindre le Galaxy Express.
Ce début guerrier s’achève par la mort tragique du charismatique leader du groupe de notre jeune héros. Et cela donne le ton : Adieu Galaxy Express 999 ne fera preuve d’aucune pitié envers les personnages.

Le voyage de Tetsuro commence, mais – et c’est le seul défaut de ce film – paraît bien nébuleux. Tetsuro rencontre de nouvelles personnes – tantôt haïssables, tantôt amicales – s’arrête sur de nouvelles planètes, découvre un train fantôme, mais la direction de l’histoire semble inconnue. Plus tard, tous ces éléments mis bout à bout prendront toute leur signification, mais sur l’instant, je n’ai pu m’empêcher de me demander comment tout cela allait pouvoir aboutir. Il faut attendre l’arrivée de Maetel – dans une scène bouleversante et très stylisée, montrant que le réalisateur sait très bien quel intérêt a le personnage pour le succès de son film – pour que l’histoire prenne un tournant. Je vais passer la suite, je ne vais pas non plus tout vous raconter.
C’est sur la fin que Adieu, Galaxy Express 999 dégage toute sa puissance. Non seulement parce que, comme indiqué précédemment, les éléments se combinent (Gattai !), mais surtout car viennent les révélations. Enfin surtout une, basée sur concept extra-ordinaire et expliquant les origines des Humanoïdes ; je suis resté sans voix. S’en suit une lutte épique, avec Albator et Emeraldas en renfort, un sacrifice poignant, et la confrontation shakespearienne entre deux enfants et leurs parents. Le tout magnifié par la musique, les graphismes, et la réalisation, pour un final dramatique.
C’est BEAU, quoi. Beau à pleurer.

Niveau “fin de Galaxy Express” – je vais me répéter mais ce n’est pas grave – c’est largement plus intéressant que les fades volumes 14 à 21 du manga… Leiji Matsumoto aurait dû laisser son histoire comme telle.
Si je devais revenir sur l’ensemble de Galaxy Express 999, je dirais qu’il s’agit pour moi de l’épopée la plus triste de toute la “manganimation”, à la fois par ses thèmes que par le destin tragique de ses personnages.
Je conseille à tous de voir au moins les deux premiers films d’animation de la saga : en 4 heures, vous aurez tout ce qu’elle a à offrir de meilleur.

Une petite aparté avant d’en finir. Il y a dans ce film des références à d’autres séries du Leijiverse. Mais il ne faut surtout pas essayer de trouver un lien entre elles : Matsumoto est juste un auteur qui adore ré-utiliser ses personnages favoris, mais qui ne veut pas que cela le limite dans son processus créatif. Donc il ne reprend jamais, d’une œuvre à l’autre, que ce qui l’arrange.

Le mot de la fin, voyons… Ah oui, je sais : quand je vois Adieu, Galaxy Express 999, je comprends pourquoi j’aime les oldies.

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Un commentaire pour Adieu, Galaxy Express 999

  1. Chris dit :

    Ah galaxy express , comme tu dis surement l’animé le plus triste , bien dommage de ne pas trouver cette série autre qu’en sous titrée anglais , et les deux premiers films sont les 2 meilleurs long métrage de japanim a mes yeux !!! a voir absolument

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