Nanoha, une Drôle de Magical Girl

Il faudra s’y faire : je ne suis pas comme Exelen ou FFenril qui peuvent se permettre d’écrire sur les animes en cours de diffusion au Japon. Pour plusieurs raisons simples : je préfère regarder un anime à la fois (mais pas forcément en un marathon) et je n’aime pas attendre la sortie – régulière ou non – de nouveaux épisodes. Donc il sera peu souvent question de LA série “buzz” du moment.

Sur les animes de cette année, voilà où j’en suis :
– J’ai vu Kaiba, Saint Seiya – The Hades Elysion-hen, et Ikkitousen – Great Guardians (même pas honte)
– J’ai essayé de suivre Birdy the Mighty Decode et L’Habitant de l’Infini, mais j’ai décroché au mieux au bout de 3 épisodes
– J’ai vu le premier épisode de Kannagi, et je regarderai la suite quand cet anime sera terminé
– Je regarde Nodame Cantabile Paris-hen
Pas des masses d’animes, en somme…
Mais revenons plutôt à Maho Shojo Lyrical Nanoha, ou plus exactement et pour commencer, aux Magical Girls.

Une Magical Girl est une gamine dotée de pouvoirs magiques, généralement livrés avec phase de transformation (le changement d’âge est en option), mascotte(s) mignonne(s), histoires naïves, et toute une collection d’accessoires “kawai” destinés à alléger le porte-feuille des pauvres parents nippons et des otakus.
Parmi les Magical Girls les plus célèbres (en France), citons Sakura la Chasseuse de Cartes, Creamy, ou encore Doremi Magique.

Au-delà de ce concept de base, il existe de nombreuses séries “déviantes” ; par exemple :
Sailor Moon : L’héroïne possède de nombreux points communs avec les Magical Girls, mais elle est trop vieille et pulvérise des gros monstres.
Nanaka 6/17 : L’héroïne est une amnésique fan de séries de Magical Girl, persuadée de s’être transformée en adulte à cause d’une incantation.
Autant le préciser d’entrée : Nanoha est une Magical Girl déviante.

Notre anime commence de manière classique : Nanoha, charmante fillette dont les parents possèdent à la fois un dojo et un salon de thé, fait un rêve étrange dans lequel elle aperçoit un jeune magicien aux prises avec une créature monstrueuse. Le lendemain, elle entend une voix, qui la conduit auprès d’un petit furet blessé et doué de parole. Après quelques péripéties, l’animal explique à Nanoha qu’il doit retrouver les 21 Jewel Seeds potentiellement dangereux éparpillés dans le monde (traduction : “dans un rayon de 10 km”), et pour qu’elle l’aide dans sa mission, il lui confie des pouvoirs magiques.

Il convient de noter la première particularité de cet anime : la présence d’une mission. C’est un principe que nous ne retrouvons que rarement dans les séries de Magical Girls ; en fait, à part Sakura qui doit capturer les cartes de Clow, je ne vois pas trop. Le plus souvent, elles reçoivent leurs pouvoirs magiques “pour le fun”, par hasard, ou pour réaliser leur rêve. Rien de bien sérieux. La mission, par contre, implique un but à atteindre, et des problèmes à affronter.

C’est juste après que notre héroïne ait reçu ses pouvoirs que se produit l’événement prouvant que Maho Shojo Lyrical Nanoha n’est pas une série de Magical Girl classique.
A la fin de son premier affrontement avec un monstre issu d’un Jewel Seed, Nanoha s’aperçoit qu’elle a causé de nombreux dégâts dans la ruelle où ils se sont opposés ; et le pire, c’est que cela ne la dérange pas plus que ça. En quoi cela montre-t-il quoi que ce soit sur la nature de cet anime ? C’est simple : dans une série de Magical Girl, la violence n’est jamais une solution, et il faut absolument éviter d’abimer les affaires des autres ; quand bien même une Magical Girl casserait quelque chose, soit elle va se confondre en excuses auprès de son propriétaire, soit elle utilise ses pouvoirs pour tout réparer. Parce que ces séries doivent véhiculer des valeurs positives (voire éducatives) à leur principale cible : les fillettes de primaire. Si ces valeurs sont absentes, c’est que le cœur de cible n’est pas la gamine, mais le deuxième type de téléspectateur accro aux Magical Girls (je me demande combien de fois j’aurais écrit ces deux mots dans cet article) : le pervers l’otaku.
La première confirmation du fait que Nanoha ne soit pas une Magical Girl classique, c’est la séquence de transformation de notre héroïne, où elle apparaît d’abord en sous-vêtements, puis nue (enfin c’est un peu caché quand même). C’est le genre de détails qu’apprécient les pervers les otakus ; mais il ne fait pas à lui seul la particularité de Nanoha, puisque même dans les séries classiques du genre, destinées aux petites filles, il arrive de voir notre héroïne de primaire nue ou partiellement nue, comme dans le premier épisode de Suzy aux Fleurs Magiques.

Par la suite, la série va de plus en plus s’éloigner des poncifs du genre.
A commencer par l’accessoire indispensable de la Magical Girl : sa baguette magique. Enfin, le plus souvent, c’est un bâton magique ; c’est aussi le cas ici. Sa particularité, c’est que pour un instrument magique, il ne fait pas très magique, mais plutôt technologique : voix d’ordinateur, système d’affichage sur sa “perle” centrale (cela ressemble aux GEMs de Mai Otome), façon mécanique de changer d’apparence ; bizarre. Mais il y a surtout ses fonctions – et leur utilisation par Nanoha – qui étonnent, voire effraient : en effet, ses pouvoirs peuvent se matérialiser sous la forme d’une puissante attaque (rien que l’utilisation du mot “attaque” est stupéfiant pour une série de Magical Girl), genre rayon laser ; un “rayon laser” pour le moins destructeur, de surcroit, faisant passer cette charmante gamine qu’est Nanoha pour un Gundam… Son “Divine Buster” (tout est dans le nom), je ne voudrais pas le recevoir de plein fouet !

La mission dont il a déjà été question plus haut va se révéler de plus en plus périlleuse, avec un danger véritable et des implications profondes. L’histoire elle-même va voir arriver des personnages d’autres dimensions, disposant par certains d’une technologie futuriste ; nous sommes en pleine SF !
Mais le pire est atteint lorsque Nanoha manque l’école avec la bénédiction de ses parents ! IM-PEN-SA-BLE pour une série de Magical Girl classique, prouvant que décidément, cet anime n’en est pas une.

Malgré tout, il n’a pas de “maho shojo” que le nom : j’ai déjà cité la bestiole qui parle plus haut (même si c’est en réalité un être humain), l’âge de l’héroïne, le bâton magique, et la transformation. Je rajoute à cela – pour l’anecdote – la présence d’une rivale, un poncif du genre.

Pour résumé, Majo Shojo Lyrical Nanoha est une série de Magical Girl, mais destinée à ce qui constitue habituellement la seconde catégorie de spectateurs ciblée : les otakus. Donc les histoires sont moins naïves, il n’y a pas de morale à deux sous (qui constituait le gros défaut de Doremi Magique à mon goût), nous n’évitons pas un minimum de violence, il y a l’apport d’un peu de SF et de quelques touches de “loli” supplémentaires, et les deux Magical Girls – Nanoha et sa rivale – sont capables de tirer des “rayons de la mort qui tue” avec leurs bâtons.

Maintenant que cette analyse est terminée, je peux passer en toute quiétude à mes impressions – c’était presque inévitable – sur cet anime.
J’ai apprécié. Oui, je sais, c’est concis et brutal, mais je préfère prévenir de suite et expliquer ensuite.
Si je dois me focaliser sur l’aspect “Magical Girl” (une dernière fois et après je vous jure que j’arrête), alors je n’ai que moyennement apprécié cette “otakutisation” du genre. Certes, la disparition de la morale mièvre est un soulagement, mais l’absence de la naïveté profonde et attendrissante typique des séries de Magical Girl, le fait que ce soit moins “mignon” et moins orienté purement shojo que d’habitude, tout cela m’a manqué. Les modifications consécutives au changement de la cible de spectateurs n’apportent rien au genre lui-même. Bref, si Maho Shojo Lyrical Nanoha est une série de Magical Girl, alors je lui préfère (de très loin) Sakura la Chasseuse de Cartes.

Fort heureusement, comme expliqué plus haut, ce n’est pas tout-à-fait une série de Magical Girl. Le résultat lui-même, ces variations qui deviennent évidentes au fur et à mesure des épisodes, tout contribue à créer un style unique. Un style que j’ai apprécié (il faut suivre). Les personnalités des personnages sont caricaturales, la qualité graphique varie d’un épisode à l’autre, le début est assez enfantin, mais l’histoire est prenante, les combats sont bien rythmés et impressionnants, bref sans jamais devenir exceptionnel, c’est un petit anime on ne peut plus regardable.
Par contre, je ne vais pas du tout dans le sens de ceux qui prétendent que Maho Shojo Lyrical Nanoha est à mi-chemin entre le mécha et le loli. Je sais que le style “mécha” ne se limite pas aux robots géants, mais même s’il y a ici des artefacts issus d’une technologie futuriste, je ne trouve pas qu’il soit plus orienté “mécha” que la majorité des animes.

Verdict : Un anime sympa sans plus, et c’est déjà bien.

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