Topic trollémique (1) : Les Manga Français

Je n’ai rien contre les manga français…
… car les manga français n’existent pas.

Le problème n’est en rien de savoir si ce que des auteurs et éditeurs français veulent nous faire passer pour des manga – parfois avec la meilleure bonne foi du monde, et sans logique commerciale derrière mais bien avec une volonté de fan – vaut le coup en tant que lecture, mais de savoir s’il serait correct de parler de “manga français” pour des œuvres qui se réclament des manga, mais qui ont été écrites par des Français. Ou des Belges, bien entendu.

Pour ma part, et je serais catégorique à ce sujet : NON. Une BD qui a été écrite en Europe, par un(e) Européen(ne), et qui n’a jamais été publiée hors de l’Europe ne peut décemment être assimilée à un produit considéré comme “japonais”. De la même façon, jamais nous ne parlons de “comics français”, alors pourquoi n’en serait-il pas de même pour les manga ?

Je comprends parfaitement la logique d’auteurs comme Philippe Cardona, Reno, ou encore Jenny : ils ont été bercés par les animes dans leur enfance, plus tard ils ont découverts les manga ; ils ont aimé, ils ont voulu faire de même. C’est louable. Mais de la même façon que Osamu Tezuka a été influencé Disney sans jamais prétendre faire du Disney, de la même façon qu’un réalisateur marqué par Alfred Hitchcock ne peut pas faire un film de Hitchcock, je considère que ces auteurs, aussi passionnés soient-ils, ne font pas de manga.
Pour leurs travaux, je pense que la dénomination de BDovore reste la meilleure : “inspiration manga”. A moins qu’une classification encore meilleure ne soit celle-là : “aventure”, “action”, ou encore “humour”, sans la moindre mention des influences et des origines. Après, reste à savoir si “manga” peut être vu comme un genre à part entière ou pas, mais comme il contient lui-même de nombreuses catégories allant de l’heroic-fantasy à la SF, je pense que cela ne peut être le cas.

Pour ceux qui tiennent à conserver une catégorisation par pays, va se poser (et d’ailleurs s’est déjà posé) la question des œuvres “frontières” : Européen(ne)s exilé(e)s au Japon et publié(e)s là-bas, auteurs Japonais(es) vivant en France et inconnus dans leur pays d’origine, ou encore bandes-dessinées issues d’une collaboration entre un auteur Japonais et un Européen. Comment les considérer ? Ça va encore faire un sacré bordel !

Bah, ce qui importe, au final, ce n’est pas l’appellation mais la qualité de la BD…

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